CE QUE C’EST exigeant, les périodes de congés, quand on est de ceux qui les attendent avec en main une liste de tout ce qu’ils rêvent de faire le reste du temps mais doivent sacrifier aux exigences du quotidien. Entre la dinde et les huîtres, gaver généreusement vos esprits de phrases plus chef-d’œuvresques les unes que les autres faisait partie de ladite liste, il va sans dire. Seulement, dans la réalité, quelques activités assez prenantes merci se sont imposées et ont pris toute la place pendant les fêtes qui s’achèvent. La première mais non la moindre : choper une petite bronchite. Je vous en épargne les détails de même que leur texture et leur couleur. D’ailleurs je suis presque entièrement remis.
La seconde, sans doute motivée par le dépit* qu’a causé la première : apprendre par cœur, avec vingt-cinq ans de retard environ, à résoudre le charmant casse-tête du cube Rubik®. L’été dernier j’avais mis la main, pour la fortune de cinquante cents, sur une vieille méthode jaunie qui traînait depuis dans un tiroir. Désormais cette folle dépense est rentabilisée. Une chose pas faite de moins à traîner dans la nouvelle année et à déplorer le jour de ma mort.
Quoi d’autre ? Ah oui : j’ai commencé à apprendre la Fantaisie-Impromptu, op. 66 de Chopin, en la repiquant à l’oreille. Et puis au bout d’une semaine je me suis un peu découragé (à la vitesse où ça passe, faut remettre le disque six cents trois fois pour attraper deux mesures...) et hier j’ai finalement acheté la partition.
J’en ai profité pour ramasser quelques recueils de guitare classique pour le fils des mes amis MC et JM, en espérant que ça le motive un peu à pratiquer. Tout de même, c’est lui qui a eu l’idée de me demander de lui enseigner, tsé. En tous cas.
Mais bon, pour en revenir au piano, quand même, j’avais presque tout bon dans la vingtaine de mesures que j’avais apprises jusque-là. Le plus dur, c’est de mettre les deux mains ensemble en quatre contre trois tout en conservant la fluidité du rubato, si vous voyez un peu ce que je veux dire. (Sinon c’est pas grave, je vous expliquerai une autre fois.) Peut-être que je m’en demande un peu, après tout je n’ai derrière la cravate que trente-cinq ans de pratique très autodidacte et encore plus erratique. N’empêche, j’y arrive peu à peu. Avec encore un peu d’inconscience et beaucoup d’acharnement je finirai bien un jour par pouvoir prétendre que je sais un peu jouer du piano. Et pas seulement des tounes de Noël.
Les soirs, je me suis la plupart du temps vautré dans la passivité à deux. On s’est tapé des Astérix et des Tintin, de vieux Chaplin et quelques films loués, dont plusieurs qu’on a carrément regardés au lit avec un petit porto sur la table de chevet. La décadence suprême. On dira ce qu’on voudra, mais maudit que ça fait du bien des fois de juste laisser le temps passer. Surtout si on peut laisser traîner sa main dans les cheveux de la femme qu’on aime.
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Sauf que là, bientôt-bientôt, faut reprendre le rythme, et pas juste celui de Chopin, hélas. Deux mil huit s’annonce costaude côté boulot (intéressante itou, Chose merci), et puis mine de rien faut tout de même que je ponde une petite douzaine de tableaux pour mai prochain, moi. Ça et tout le reste (mon roman, mon blogue, mes poèmes, le piano, les cours de guitare, etc., etc.), ça risque de m’occuper un peu. Souhaitez-moi de l’énergie, de la santé et surtout de la discipline, câline.
De mon côté, je vous souhaite de bien belles choses, notamment un char de ceci et une barge de cela. J’aimerais être plus précis, mais vous vous manifestez si peu que je sais à peine à qui je m’adresse. Et encore ! Quand je dis « à peine », j’exagère. Alors, tiens, je vous souhaite de vous désinhiber la plume un peu, tiens.
Et puis l’épais radis à la faim de vos ours.
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(*) Non mais, tout de même : « motivé par le dépit » ! Ça, c’est de l’antithèse subtile en ta, ça, mmh ? Une suggestion : vous te vous la retapez en majuscules, en caractères gras de taille soixante au moins, l’imprimez, l’encadrez, posez ledit cadre au mur de votre chambre et passez le reste de votre vie assis(e) en lotus au pied de votre lit à méditer en la relisant huit heures par jour. Vous pouvez diviser ça en deux blocs de quatre heures, entre lesquels vous vous précipiterez sur votre ordi, des fois que votre blogue favori afficherait un nouvel opus littéraire à vous lézarder l’âme et le cœur jusques z’en leurs tréfonds.
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2 commentaires:
En tout cas ce soir vous vous êtes adreesé à moi.
Albin, journalier
Un char de discipline, une barge de discipline et une montagne de discipline pour toi. Je m'en garde un peu quand même, histoire de ne pas trop pleurer mon manque de discipline au Barpop. Vive la pige, mais qu'est-ce que ça demande en travail, wow... Allez, encore mes voeux de bonheurs en pixels, santé, musique, couleurs, amour et di-sci-pline.
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